Un peu vieux mais toujours aussi symptomatique, une enquête INSEE avait montré l’évolution du nombre de partenaires en fonction des sexes. Sur une vie, celui-ci est passé pour les femmes de 1.8 en 1970 à 4.4 en 2006 contre une stabilité autour de 11 pour les hommes.

Ces nombres sont débiles. En considérant qu'il y a autant de gays que de lesbiennes, le nombre de partenaires moyen des hommes et des femmes est forcément égal. Si un homme a une nouvelle relation avec une femme, l'inverse est nécessairement vrai. Donc si chaque homme a en moyenne 11 relations dans sa vie, chaque femme a aussi en moyenne 11 relations.

Que nous dit cette étude, alors? Uniquement que les femmes ont moins tendance à minimiser le nombre de relations qu'elles ont eu qu'avant; ce qui est positif en ce sens qu'il est socialement de plus en plus accepté qu'une femme puisse avoir de multiples relations dans sa vie. On voit tout de même que la pression reste forte et que le nombre de relations est moins valorisé chez les femmes que chez les hommes puisque l'écart reste important. Le nombre réel est probablement plus proche de la moyenne des deux, entre 7 et 8, avec des hommes sur-évaluant ce qui est vécu comme une réussite et les femmes sous-évaluant ce qui risque d'être considéré comme un comportement incorrect. Autant un homme pourra toujours se glorifier d'être un tombeur, autant la ligne est délicate pour une femme: d'un côté, une certaine pureté féminine, et de l'autre les filles faciles. Il reste très difficile pour une femme d'avoir la sexualité qu'elle veut sans être jugée à l'aune de critères sexistes.